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BACH Cantate BWV 147 "Herz und Mund und Tat und Leben"

Jean-Sébastien BACH (1685-1750).

Donné à l'occasion du concert inaugural du Bach Collegium Paris le vendredi 9 juillet 2010 à 20h30 en la Basilique Sainte-Clotilde.

“Jesus bleibet meine Freude” extrait de la cantate BWV 147 “Herz und Mund und Tat und Leben” de Jean-Sébastien BACH (1685-1750), enregistré en public lors du concert inaugural du Bach Collegium Paris (BCP) le vendredi 9 juillet 2010 à 20h30 en la Basilique Sainte-Clotilde (Paris 7e).

J.-S. Bach écrivit la cantate 147 pour célébrer la fête de la Visitation de la Vierge Marie, et la première exécution de la pièce date de sa première année à la Thomaskirche de Leipzig, le 2 juillet 1723. Il avait composé en 1716, lors de son séjour à Weimar, une pièce du même nom, comportant six mouvements : elle devait y être jouée à l’occasion du quatrième dimanche de l’Avent. Les révisions apportées à l’œuvre pour son exécution à Leipzig inclurent des citations conséquentes tirées du Cantique de Marie — le Magnificat de l’Évangile selon Luc (1, 46-56) —, lui permettant ainsi de remplir les conditions liturgiques de la fête de la Visitation. Le texte de l’œuvre originelle de Weimar fut composé par le librettiste Salomon Franck, et bien qu’il ne fût pas inapproprié pour la fête de la Visitation, Bach choisit d’étendre l’œuvre de six à dix mouvements, afin de satisfaire à la totalité des obligations liturgiques en vigueur à Leipzig. Les mouvements additionnels comptaient trois récitatifs et le mouvement conclusif de la première section, et le mouvement final de l’œuvre fut également remplacé par une autre strophe du texte du choral de Martin Jahn.

La cantate s’ouvre sur un éclatant choral empli de motifs de fanfare. L’aria pour alto qui lui succède comprend une partie pour hautbois d’amour obligé, avant de laisser la place à un air pour soprano qui prend la forme d’une Kirchenarie, accompagnée par les triolets virtuoses du violon à l’image de la joie associée à la venue du Messie. La première partie s’achève sur le célèbre choral « Wohl mir, dass ich Jesum habe ». Dans la seconde partie, l’aria pour ténor initiale laisse place à un recitativo accompagnato, auquel sont associées des parties obligées soit pour deux hautbois de chasse, soit pour une combinaison de hautbois d’amour et de hautbois de chasse : ils y célèbrent le miracle divin relaté dans le texte, à savoir les bonds de joie de Jean-Baptiste, encore dans le ventre de sa mère Elisabeth, lorsqu’il « entend » la nouvelle de la naissance prochaine de Jésus. L’aria finale pour basse est écrite pour continuo au complet, cordes, hautbois et trompettes ; elle décrit plus avant les miracles du Christ dont l’arrivée est imminente. Enfin, l’œuvre s’achève sur une reprise du choral et du texte de l’hymne de Martin Jahn.

Patrizia METZLER.
Traduction Karine COTTET.


J.S. Bach wrote Cantata 147 to celebrate the feast of the Visitation of the Virgin Mary and it was first performed during his first year at the Thomaskirche in Leipzig on July 2, 1723. In 1716 he had composed a six movement work with the same title during his time in Weimar where it was intended to be sung on the 4th Sunday of Advent.  The revisions he undertook for the performance in Leipzig included substantial citatations from the Song of Mary  (the Magnificat in Luke, chapter 1) thus making it fit into the liturgical requirements for the Feast of the Visitation. The text for the original Weimar work was composed by the librettist Salomon Franck and although it was not unacceptable for the Feast of the Visitation, Bach expanded from the work from six into ten movements to satisfy all the liturgical requirements in Leipzig. The additional movements included three recitatives and the concluding movements of the first section, as well as the replacement of the final movement of the work with another stanza from Martin Jahn's chorale text.  

The cantata begins with a brilliant choral setting, full of fanfare motives. The following alto aria features an obligato part for oboe d’amore. The following soprano aria in "Kirchenarie" form is accompanied by the violin playing virtuoso triplets that reflect the joy associated with the coming of the Messiah. Part 1 concludes with the well-known chorale "Wohl mir, dass ich Jesum habe". In part 2 a tenor aria is followed by a recitative accompagnato featuring obligato parts for either two oboe da caccia or the combination of oboe d'amore and oboe da caccia which celebrates the wonder of God as demonstrated in the text that speaks of the unborn Johannes leaping in the womb of Elizabeth when he ‘hears’ the news of Jesus’ coming birth. The final aria for bass is for full continuo, strings, oboes and trumpets and it speaks further of the wonders of the coming Christ. The work concludes with a repeat of Martin Jahn’s chorale and hymn text.

Patrizia METZLER.